Savoir fixer ses limites

Aujourd’hui, pas de théorie ! Je voulais simplement partager avec vous mon expérience. Et ça concerne les limites que j’ai eu du mal à fixer et des conséquences que cela a eu sur moi, et sur les autres.

J’avais 26 ans quand j’ai eu mes premières responsabilités de manager.  L’assistante de l’agence avait en charge la gestion administrative. C’est une personne très rigoureuse, ce qui est super ce sur ce type de poste. Cependant, sa rigueur allait parfois jusqu’à la rigidité. J’ai rencontré des difficultés assez rapidement avec elle car nous n’avions pas la même façon de travailler. Elle avait par exemple, pris l’habitude d’imprimer toutes les procédures internes de la société, de les ranger dans des classeurs, alors que ces procédures étaient accessible directement sur notre intranet, consultables rapidement sur nos ordinateurs. Je ne voyais pas l’intérêt de perdre du temps à cela, et surtout de gaspiller du papier pour rien, car personne ne consultait les classeurs qu’elle avait créés. Je lui ai demandé à plusieurs reprises d’arrêter, mais elle continuait, invariablement.

Je me suis alors focalisée sur ce qu’elle faisait de bien, et je me suis dit : on est tous différents, laisse-là faire, elle est plutôt efficace sur d’autres sujets.

Mais en faisant cela, je ne prenais pas le temps de comprendre ce qui me posait problème, et surtout d’anticiper les risques que cela pouvait entrainer. La relation s’est dégradée entre nous, et elle a fini par quitter l’entreprise, après plusieurs mois difficiles de conflit.

J’ai mis du temps à comprendre ce qui s’était passé. Je n’avais pas pris le temps de définir quelles étaient les limites à ne pas franchir, ce que je n’acceptais pas de la part de mon équipe. Je savais exprimer ce que j’attendais de chacun, mais pas ce que je refusais notamment le gaspillage de temps ou de matériel, le manque de respect, le manque d’esprit d’équipe/l’individualisme, l’insubordination.

Comme je n’avais pas fait ce travail, il a été aisé pour elle de sortir du cadre, et d’avoir un comportement hors jeu. J’ai ressenti de la colère que j’ai intériorisée, mais aussi de la frustration, des remises en question et une perte de confiance en moi. La communication est devenu tendue, et l’ambiance pesante pour toute l’équipe.

Cette expérience a été difficile pour moi, et je l’ai vécu comme un échec, mais j’ai beaucoup appris.

Alors si vous ne l’avez pas déjà fait prenez du temps pour identifier ce que vous n’acceptez pas dans les missions et le comportement de votre équipe. Ecrivez-le, relisez le et surtout faites vous confiance, suivez votre intuition. Soyez précise, concrète, factuelle. Lorsque vous êtes à l’aise avec ce que vous avez écrit, cherchez la façon de le communiquer à votre équipe et entrainez-vous à le faire. Dès que vous êtes prête, lancez-vous. Vous pouvez par exemple, lors d’une réunion d’équipe, prendre un temps pour expliquer ce dont vous avez besoin pour que le travail en équipe soit bien fait, et ce que vous attendez de chacun. Cela vous permet de préciser ce que vous n’acceptez pas, les points sur lesquels vous leur demandez d’être vigilants. Votre équipe a ainsi une vision claire et précise des missions et du comportement que vous attendez d’eux. Il sera plus aisé de faire un recadrage, si l’un d’eux sortait des limites que vous aurez ainsi fixées. C’est primordial pour le bon fonctionnement et l’atteinte des objectifs de chacun mais aussi pour assoir votre posture de leader.

N’hésitez pas à partager avec moi les difficultés que vous avez pu rencontrées à vos débuts, et si ce genre de situation vous est déjà arrivée.

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